le lundi 7 mai à 21h
Soirée de soutien au Théâtre du Pont Tournant - Entrée libre - RÉSERVATION CONSEILLÉE
De retour des États-Unis où il vient d’interpréter le Concerto en Sol de Ravel avec l’Orchestre de Pennsylvanie, le pianiste Éric Ferrand-N’Kaoua sera à
Bordeaux, Lundi 7 Mai, pour un récital d’une heure en soutien au Théâtre du Pont Tournant .
Il donnera libre cours à son affinité envers la musique de Franz Schubert avec la dernière Sonate en si bémol, l’un de ses grands chefs-d’œuvre, sans oublier les célèbres Impromptus et des Lieder transcrits par Liszt.
Eric Ferrand-N’Kaoua a choisi la voie d’une carrière hors des sentiers battus, imposant tant sur la scène nationale qu’à l’étranger son talent éclectique où éclatent une expression longuement mûrie et son aisance à faire partager le plaisir musical. À coup sûr, son jeu viril, souple et raffiné, souvent salué par la critique, saura nous entraîner irrésistiblement dans les atmosphères variées de cet élégant parcours.
Programme
Schubert :- Sonate en si bémol majeur D960
- Deux Impromptus opus 90 n°2 et 3
- Deux transcriptions de Lieder
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La musique de Schubert ne prétend pas, comme celle de Beethoven, s’adresser à l’humanité embrassée d’un seul regard, mais interroge au fond de chacun, pour peu qu’il
ait fait un pas vers elle, la part humaine qui s’y trouve. Schubert ne concentre pas le temps comme Beethoven, il le fait oublier lorsqu’il explore, comme dans le premier mouvement de la dernière Sonate en si bémol, toutes les octaves du lyrisme. Ou bien il le suspend, dans le mouvement lent qui suit, par le balancement hypnotique et les lointains angélus qui entourent le chant douloureux. Mais Schubert n’est pas que pessimisme et désillusion, et comme chez tous les grands, l’ombre est mêlée à la lumière. Il suffit d’ailleurs d’écouter le scherzo, vision ailée du ländler viennois, ou le final si fantasque et inattendu, pour s’en convaincre. Et si l’on parle encore de « divines longueurs », la faute n’en sera pas forcément imputable à Schubert… Les Impromptus opus 90, ces feuilles d’album célèbres, sont accessibles aux amateurs (éclairés), mais interrogent toujours les professionnels. Merveilles d’équilibre entre le lyrisme et les formules pianistiques, il n’y a rien de trop, comme disent les Grecs, et on est pourtant comblé. A l’opposé de cette économie de moyens et plutôt comme un jeu de surdoué, c’est l’un des mérites de Franz Liszt d’avoir fait connaître par d’éblouissantes transcriptions les lieder de Schubert qui lui semblaient les plus significatifs, en les traitant avec l’apparente désinvolture du virtuose sans pourtant les trahir. Ainsi Die Forelle (La Truite), d’où naîtra plus tard le Quintette pour piano et cordes du même nom, voit sa ritournelle aquatique se parer d’acrobaties à la Paganini, tandis que la mélodie de Ständchen (Sérénade) parcourt plusieurs registres de l’instrument à travers un miroir de sonorités évasives.
Eric Ferrand-N'Kaoua
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